Projet de développement durable - intervention du groupe Verts

Publié le par Saint Nazaire Esprit d'Equipe

Après 3 PGD, un PDD : une évolution sur le fond et la forme qui satisfait les élus Verts. En 89 le 1er PGD intervient dans une période de crise locale importante (activité industrielle en crise, chômage élevé, climat social très dégradé…) Il s’agissait de parier sur la capacité de notre Ville à évoluer vers une diversification de l’économie, une attractivité qui ré oxygène notre ville en améliorant son image, tout en réaffirmant nos valeurs historiques comme la solidarité…. Les PGD qui ont suivi, ont adopté la même méthode pour une même intention d’un projet global pour la poursuite de la mutation de St-Nazaire.

Aujourd’hui l’humanité est confrontée à un carrefour de crises mondiales majeures, financière, économique, sociale, environnementale, une crise de notre modèle de développement. Dans « la société en sablier « Alain Lipietz économiste, rapporte les propos de l’ancien président de la Bundesbank à Davos en 96 qui disait : « les hommes politiques doivent comprendre qu’ils sont désormais sous le contrôle des marchés financiers et non plus seulement des débats nationaux. ». Pour Alain Lipietz « c’est la première fois que la crise vient à la fois du social et de l’écologie pour se transformer en crise financière, et de là rebondir vers l’économie réelle dont elle est issue…Cette crise vient de la prolifération du nombre de salariés pauvres. La mondialisation a accéléré cette dégradation, mettant fin au compromis fordiste. Pour la première fois, à la crise du système économique s’ajoute une crise d’épuisement des ressources naturelles ». Fin de citation.

Je rajouterai qu’il y a urgence car la lutte contre la dégradation climatique et de la biodiversité ne peut attendre que l’irréversible soit advenu !

Aujourd’hui rien ne serait pire que l’immobilisme, mais rien ne serait pire qu’une fuite en avant sans prise en compte de ce contexte. D’où l’importance d’une nouvelle définition de notre projet de développement : celle du développement durable qui s’appuie sur 4 piliers : l’économique, le social, l’environnement et la participation des habitants.

Le développement durable n'est pas une simple requalification environnementale. Nous ne pouvons plus poursuivre, sans les infléchir profondément, les politiques actuelles qui maintiennent ou accentuent l'écart entre "pays riches" et "pays pauvres", entre riches et pauvres d'un même pays, d'une même région ou d'une même ville et qui mettent en péril les écosystèmes dont nous dépendons, nous-mêmes et les générations futures, pour survivre.

Le développement durable implique la participation de tous les acteurs de la société civile au processus de décision, il s'agit donc d'associer les citoyens aux projets qui les concernent et de trouver des solutions de compromis.

C’est le sens que les Verts donnent à ce PDD.

Pour les Verts il y a une évidence : la croissance sans la redéfinir ne peut plus être la seule réponse à la crise. Il nous faut sortir d’une logique du toujours plus pour les plus riches des pays les plus riches, une logique du consumérisme et du gaspillage. Mais comment ne pas reconnaître que trop nombreux sont ceux dans le monde et chez nous qui ne peuvent accéder aux besoins les plus élémentaires (travail, logement, alimentation, santé….) et c’est en cela que la défense de l’environnement et la lutte contre les inégalités sociales sont liées.

C'est toute l'idée de la « croissance verte » (ou plus exactement le « développement vert ») que défendent les Verts. La norme de consommation devra être non seulement économe en énergie et en gaz à effet de serre, mais devra en plus réduire les déséquilibres accumulés. On ne peut pas se contenter de la « décroissance » de l'activité. La décroissance de la crise écologique suppose une croissance massive de l'activité humaine tout en étant innovant. (logements, agriculture, énergies alternatives…)

Les Verts depuis longtemps défendent l’exigence d’un développement durable ou soutenable. Evoquer les changements climatiques, la valorisation des déchets, la préservation de la biodiversité a suscité longtemps le scepticisme, voire l’ironie. On nous accusait d’être prophètes de malheur, que la prise en compte de l’écologie allait freiner le développement économique ! Ce temps là est révolu. Quoique ! Reste encore la tentation de croire que la lutte pour la sauvegarde de la planète serait un luxe pour les plus riches !

Les Villes ont un rôle majeur à jouer pour le Développement Durable. A Saint-Nazaire, il faut aller plus loin que ce qui a déjà été amorcé en matière de développement durable. Revenons sur quelques priorités qui ont marqué ces dernières années :
-le développement de l’économie locale pour préserver l’emploi
-la poursuite de la maîtrise du foncier pour mieux répondre aux besoins de logements et en maîtriser la diversité
-la volonté d’économiser l’espace pour maîtriser l’étalement urbain, pour préserver l’agriculture
-l’engagement d’une politique de maîtrise des dépenses énergétiques sur l’ensemble du patrimoine
-le lancement d’une politique d’achats dits éco-responsables, pour les fournitures ou l’introduction de l’alimentation bio dans la restauration etc....

Aujourd’hui ce PDD réaffirme la poursuite d’un certain nombre de projets déjà engagés (Ville Ouest avec 2 écoles, le théâtre, l’aménagement du front de mer, la nouvelle école Chateaubriand….). Il affiche la volonté de faire mieux et de plus.

Pour les Verts l’adoption de l’outil que représente l’agenda 21 pour la collectivité permettrait de mieux préciser encore nos objectifs et d’évaluer nos politiques publiques au regard de notre ambition affichée vers le Développement Durable.

Nous allons approuver un document qui sera notre feuille de route.

Nous souhaitons mettre en perspective quelques projets :
- l’accélération en faveur d’un transport collectif, plus rapide, mieux organisé, ou encore la mise en place d’un schéma vélos et la sécurisation des déplacements piétons,
- l’engagement d’opérations d’urbanisme et d’aménagement qui prennent en compte les enjeux environnementaux, énergétiques et paysagers. Cela va dans le sens de ce que la Ville peut donner en exemple.
- la mise en œuvre de la notion de « coût global » qui assure une vision à long terme des projets (gestion, entretien, conséquences environnementales),
- la préservation et la valorisation des espaces verts, naturels (littoral, étangs), le développement des espaces de proximité (squares)
- 1 millions d’euros consacrés aux économies d’énergie permettront d’avoir des programmes plus ambitieux.
- 57 millions d’euros inscrits pour la rénovation, l’entretien et le renouvellement du patrimoine répond aux exigences de qualité pour une meilleure utilisation, un meilleur confort, à la fois dans nos écoles et pour le patrimoine sportif ou culturel. Souhaits maintes fois exprimés par les nazairiens, notamment pendant la campagne des municipales
- l’aide au logement avec 12 600 000 euros prévus sera encore lors de ce municipe, un engagement fort alors que les besoins sont criants.
- le niveau d’investissements courants, a sensiblement augmenté par rapport au passé et cela nous rassure sur la capacité à être attentif au cadre de vie quelque soit le quartier : 3,3 millions d’euros pour le patrimoine immobilier, 3,1 pour les espaces publics.

Associer les habitants aux décisions qui les concernent, nous l’avons dit, fait partie intégrante d’une démarche de développement durable. Nous utilisons aussi le terme de meilleure gouvernance. Gouvernance interne pour notre équipe, parce que « l’esprit d’équipe » doit prévaloir pour permettre une meilleure gouvernance locale qui - elle - implique tous les acteurs.

Soutenir la vie associative nazairienne, continuer d’organiser des réunions publiques, mettre en place des ateliers urbains…c’est là que s’établit le dialogue citoyen. Et désormais nous disposons d’un nouvel outil, les conseils de quartier. Ils sont et vont être le lieu privilégié où s’expriment les besoins, les attentes, où l’information, la concertation, la participation devront permettre aux élus de mieux décider, aux services de mieux répondre aux habitants.

En inscrivant 7 millions d’euros pour les projets émanant des CdQ l’intention est bien affichée de leur permettre d’agir sur chaque territoire pour l’amélioration du mieux vivre ensemble.

En plus de cette enveloppe, des projets figurent dans le PDDD comme la salle polyvalente de St Marc, l’équipement du Petit Caporal.

Tout en reconnaissant les avancées notables dans ce PDD, tout en partageant la nécessité de soutenir l’économie locale et de la diversifier nous devons redire, et cela n’étonnera personne, notre opposition au projet du nouvel aéroport donc le regret de voir mentionner l’accompagnement au projet de NDDL.

Dans cette période où on s’interroge sur la finalité de l’économie, notre collectivité doit reconnaître, soutenir davantage le champ de l’économie sociale et solidaire qui replace l’économie au service des besoins sociaux et environnementaux. St-Nazaire a changé, la population s’est diversifiée. Nous devons à la fois afficher notre volonté d’une ville dynamique, ouverte, sans renier notre identité et notre histoire. Nous avons une volonté commune de faire la Ville pour tous. La solidarité ne doit pas faiblir dans une période où l’avenir s’assombrit pour nombre de nos concitoyens.

Pour les élus verts, l’évolution du contexte national et international devra obliger l’équipe municipale à se réinterroger en permanence sur la pertinence des projets. A ce propos, les colonnes de nos journaux rapportent largement l’expression des nazairiens qui souhaitent mettre un coup d’arrêt à l’aménagement de la base sous marine. Alors les élus Verts proposent d’afficher clairement les coûts des aménagements, de l’entretien, de démontrer l’intérêt pour les nazairiens, pour l’expression culturelle, la vie associative tout comme l’intérêt pour l’attractivité et l’économie nazairiennes.

Pour terminer, j’aimerais dire l’attention sans relâche que nous devons porter sur 2 catégories de population. Les jeunes, qui doivent trouver leur place dans notre ville. Nous devons les aider à exprimer leurs désirs, leurs attentes et les emmener vers une citoyenneté plus active. Ceux qui sont éloignés de l’emploi, qui vivent la précarité, voire la pauvreté doivent pouvoir trouver dans les actions engagées par nos partenaires économiques, une attention particulière. Nous ne pouvons nous résigner à voir toute une partie de la jeunesse désespérer d’un avenir possible.

Quant au vieillissement de la population, il doit être considéré sous tous ses aspects. Il y a là un enjeu majeur pour les années à venir. Ce PDD le prend en compte au travers, notamment de la restructuration des foyers logements, de l’évolution en EHPAD d’un des foyers logement ou de l’adaptation des logements. Combien de personnes sont totalement démunies lorsque arrive la maladie, le handicap en fin de vie. Un vrai parcours du combattant quelquefois. Le travail qui s’annonce avec les associations ou organismes de retraités devra permettre de mieux encore cerner besoins et attentes.

Bien sûr sur cette question, notre collectivité, pas plus que les autres, ne pourra pallier aux carences de l’Etat en la matière alors que les besoins sont criants. De la même manière, nous partageons les inquiétudes liées aux décisions de l’Etat et qui menacent gravement nos capacités financières : quel est l’avenir de la DSU ou de la TP ?

Notre collectivité a su maîtriser son endettement. Cependant, lors de chaque débat d’orientation budgétaire, nous devrons faire le point sur l’avancement des projets au regard de nos capacités de financement. Les élus Verts approuvent donc ce PDD.

Arlette Mousseau
Porte-parole des Verts

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Publié dans Actualité

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