Le logement selon Mme Boutin- intervention du PS
Conseil municipal du 25 septembre 2008
Monsieur le maire,
Chers collègues,
Madame Boutin, la ministre du logement, a conclu son tour de table avec les associations et les parlementaires à Saint-Nazaire, lundi dernier, en disant qu'elle repartait avec de bonnes idées dans son panier. Hélas, à nous, elle a laissé ses plus mauvaises propositions que nous retrouverons bientôt dans sa loi en faveur du logement et contre l'exclusion. Quand on décrypte les propos de madame Boutin, on constate une fois de plus que nous n'avons pas les mêmes valeurs.
Son projet de loi propose d’inclure dans les 20% de logements sociaux, les logements mis sur le marché au titre de l’accession sociale à la propriété. C’est l’aubaine qu’attendaient les maires qui ne veulent pas de logements locatifs sociaux pour se donner bonne conscience de continuer à ne pas en faire. C'est une remise en cause profonde de la loi SRU qui aura comme conséquence d'attirer les ménages les plus solvables et de laisser aux villes ayant un parc social, les ménages les plus fragiles.
Quant aux pénalités contre ces communes qui ne respectent pas le seuil des 20%, il conviendrait de les augmenter de manière importante et de consacrer ce budget au logement. Et bien, non, Madame Boutin nous a expliqué qu'elle croyait plus à la valeur pédagogique de la loi qu'à la sanction. Franchement, depuis 8 ans que la loi SRU a été voté, elle doit être la seule à attendre un pareil miracle !
La question du logement est une question grave. Elle a été déclarée par le gouvernement comme prioritaire. C'est une supercherie de plus. Madame Boutin a posé d'entrée de jeu le périmètre de son action : j'accepte toutes les propositions... si elles ne coûtent rien. En fait, l'Etat ne met pas un centime supplémentaire. Pire, les dernières nouvelles en provenance du ministère sont très inquiétantes : baisse des crédits d'engagement de programme de 30% et de la dotation de l'État au titre de la DSU, soit un manque à gagner pour la Ville de Saint-Nazaire de 1,7 millions d'euros si le projet va à terme.
Nous devons nous féliciter d'avoir mené depuis de longues années et de continuer à mener, coûte que coûte, contre vents et marées parfois, une politique offensive en faveur des ménages les plus concernés par le coût du logement, une politique ambitieuse en terme de construction de logement social. C'est notre fierté parce que c'est une politique qui porte nos valeurs de solidarité. Alors croyez-nous, nous ne sommes pas prêts d'arrêter.
Christophe Cotta
Porte-parole du groupe socialiste