Philippe Graffin nous écrit
Depuis 18 ans, je suis accueilli par la ville de Saint Nazaire comme violoniste et Directeur Artistique du Festival Consonances.
Dès le début la ville a fait preuve d'un réel respect pour la musique et les musiciens en adaptant spécialement l'acoustique de la Galerie des Franciscains. Et comme me l'a dit récemment l'altiste Vladimir Mendelssohn, Directeur du Festival de Kuhmo en Finlande, la chapelle "c'est un bijou".
Néanmoins, j'ai toujours pensé que le pouls de la ville, sa spécificité, son identité se trouvait à la base sous marine. Pour le 10ème anniversaire de Consonances j'ai insisté pour que le concert soit donné dans une des alvéoles de la base. Et, le public fidèle de Consonances y est venu nombreux malgré le froid et le vent. A la surprise générale, l'acoustique ce soir là nous donnait à penser plus en terme de cathédrale que de concert en plein air.
Longtemps j'ai rêvé d'une salle, dans ce lieu, qui maintiendrait cette facilité à jouer et cette proximité du son. Aussi, je me suis enthousiasmé dés les premières descriptions de Joël Batteux pour le projet de l'alvéole quatorze. En quelque sorte, ce voeu que j'exprimais s'est réalisé.
Tout au long de l'année qui a précédé l'ouverture du "Life", et de notre premier concert dans cette nouvelle salle, j'ai entendu beaucoup de remarques et de prédictions alarmistes sur sa future capacité vis a vis de la musique et de la musique de chambre en particulier.
Si l'incongruité de la confrontation de cet immense espace chargé d'histoire bruyante, avec l'intimité et l'introspection vers laquelle la musique de chambre nous invite peut parfois être vécue comme un challenge, les dimensions de cette salle sont trompeuses. Seul , finalement importe le rapport de l'auditeur avec le son. Le son voyage très facilement dans le Life, et l'impression du concert des 10 ans se confirme.
Plus important encore, c'est justement cette provocation , dans le bon sens du terme, à mettre en perspective, le passé, la ville, la place de la musique dans l'alvéole. J'entends déjà des suites de Bach pour violoncelle résonner dans ce lieu. En fait, le "Life" représente une opportunité unique pour la musique de Chambre de lui rendre son statut de "musique vivante". Pour conclure, je rapporterai la réflexion de notre ami Gary Hoffman en rangeant son violoncelle après sa dernière prestation dans l'alvéole 14 en septembre 2007: "le Life: c'est génial".
Philippe Graffin
Patrick Perrin , président de Consonances