Cité sanitaire : un service public renforcé

Publié le par Gérard , défenseur du service public


 
Contrairement à ce que je lis ici ou là, le service public hospitalier à Saint-Nazaire n’est pas entrain de se brader au privé mais au contraire, il s’organise pour se développer ou, pour le moins, résister.
Pour moi, la seule question qui compte c’est de savoir à quoi sert l’argent dépensé dans les soins. Et le clivage essentiel s’inscrit entre les établissements de santé dont la finalité est de dégager des profits (sur des activités financées par la Sécu) pour rémunérer le capital des actionnaires et les autres. Les autres, c’est-à-dire les établissements publics (comme l’hôpital) et les établissements privés qui participent au service public et dont l’objectif n’est pas de faire du profit pour rémunérer des actionnaires mais d’équilibrer leurs comptes pour assurer un service de qualité au moindre coût afin que tous, y compris les moins fortunés, puissent en profiter. Dans cette catégorie on trouve des associations, des mutuelles, etc.
Militant associatif, je ne considère pas que le centre de Pen Bron soit une entreprise privée capitaliste ou que les associations qui gèrent des établissements pour handicapés ou pour des enfants en difficultés relèvent de la logique capitaliste.
Militant mutualiste, j’ai choisi une assurance complémentaire qui n’est pas gérée par une société à but lucratif.
Pour moi, la cité sanitaire est un moyen de défendre le service public hospitalier sur notre secteur. Pour faire la cité sanitaire, les cliniques privées nazairiennes ont quitté le champ capitaliste pour rejoindre celui du privé participant au service public. Pour autant, je ne considère pas la cité sanitaire comme un paradis sur terre, c’est un combat et un compromis.
Et il faut bien se rappeler qu’à défaut de cité sanitaire, le projet des autorités de tutelle était d’organiser un pôle chirurgical privé lucratif en regroupant la clinique de la Forêt (aujourd’hui clinique de l’Europe) et les cliniques nazairiennes, comme cela se fait dans beaucoup de villes, et avec un éclat particulier à Nantes avec des conséquences très lourdes pour le CHU.
A Saint-Nazaire, heureusement les choses se passent autrement. Avec la cité sanitaire, le service public hospitalier s’est donné une force nouvelle. Aujourd’hui, le secteur privé lucratif, (le seul qui, à mes yeux, est un scandale au regard du financement par la Sécu) a perdu plus du tiers de ses capacités d’hospitalisation et n’est plus représenté que par la seule clinique de l’Europe.
J’invite ceux qui craignent que le privé se garde les activités lucratives et laisse à l’hôpital les moins rentables, à lire la presse de ces derniers jours et y découvrir que les cliniques privées capitalistes revendiquent le droit de participer aux urgences, à la formation et à la recherche, de prendre en charge les personnes âgées qui semblaient être un domaine réservé au public car pas rentable. Mon inquiétude la plus profonde est là ; le capitalisme sait faire du profit de tout, y compris de la vieillesse et de la misère. A se tromper d’adversaire, on devient les alliés de nos ennemis.
 
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